Ma madeleine est un missile

Il y a plus de dix ans, avec mon ami Jean-Luc Nancy, nous écrivions contre les sanctions infligées à l’Iran : dire l’évidence même que personne ne voulait dire.
Des sanctions prétendument dirigées contre le régime, qui, en réalité, frappaient les populations civiles : manque de médicaments, interdiction d’importer certains traitements, explosion de l’inflation…
En somme : l’asphyxie méthodique d’un peuple.
Jean-Luc Nancy n’est plus là. Et depuis trop longtemps, plus aucune voix sensée ne se fait entendre pour dire clairement ceci : la guerre est abjecte, elle tue, elle traumatise. La pauvreté intellectuelle ne cesse de croître.

Dans les années 1980, alors que je venais de naître, je voyais déjà ce que signifie la guerre : les avions qui passent au-dessus de la tête, les sirènes, les vitres qui éclatent, les maisons en fumée, les cris, les corps.
Et puis, les survivants. Ceux qui ne sont pas morts mais restent figés, dévastés. Des vies brisées par la dépression, l’angoisse, les psychotropes, les silences. Des êtres devenus végétaux.

Il est des vies dont le souvenir est lié à une madeleine, d’autres, aux missiles.

Disons-le clairement : la guerre ne se résume pas à un petit écran de téléphone.
Elle n’a rien à voir avec les mauvaises séries, ni avec les festivals aux films déjà périmés.
Elle n’existe pas dans les discours tièdes de quelques figures dénuées de structure psychique et politique.
Elle n’est pas imaginaire : elle est réelle.

La pulsion de mort des dirigeants israéliens n’est plus à démontrer.
Les décombres de Gaza parlent aux oreilles sourdes du monde entier.
Celle des dirigeants de la République islamique d’Iran non plus : près de cinquante ans de crimes crient dans l’indifférence générale.

Alors oui, il faut parler des traumatismes.
Des blessures infligées aux enfants, aux parents, à la langue même.
Il faut nommer les missiles, les bombes, les…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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