J’ai l’immense joie de vous annoncer que je fais partie de la première fournée des bénéficiaires du full package de la loi bioéthique votée en 2021. Oui, je suis un peu le patient zéro, le pangolin de la PMA pour toutes. J’ai bénéficié des trois mesures phares : la possibilité de congeler ses ovocytes, l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes cis sans partenaire, et le droit pour l’enfant, à 18 ans, de connaître son donneur.
Je précise que les personnes trans, elles, restent exclues, et que c’est scandaleux. Je vous avoue qu’actuellement ma colère est émoussée par mes hormones : j’ai l’impression d’être en permanence sous 1/8 d’ecstasy, ou pire, d’avoir bu un Coca pas Zéro. On appelle ça « PMA en solo ».
En réalité, je n’ai jamais vécu une expérience aussi collective. La loi, d’abord : fruit d’un vote des députés. Pour une fois, je me suis sentie représentée. Des fois, ça me déprime un peu sur l’état du dating. Je les imagine : « Après avoir étudié Tinder, on a conclu qu’il fallait ouvrir la PMA aux célibataires. Comme dit l’adage : un tiens vaut mieux que deux mecs qui disent tu verras. »
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Ensuite, j’ai congelé mes ovocytes. Attention, ce n’est pas un bébé garanti. Mais remboursée par la sécu, ma PMA devient un loto national : tout le monde a joué, on a gagné ! Du coup, qui s’occupe du baby-sitting ? Jour-J : transfert d’embryon. Toute une équipe médicale aux petits soins, trop heureuse que ça marche. Ce n’était plus une PMA, mais une partouze médicalement assistée, dans le consentement et la bonne humeur. Ensemble, on a fait la science.
Aujourd’hui, le sage-femme doit gérer les émotions de mes quatre ami·es…
Auteur: Anne Dupin

