Marseille (Bouches-du-Rhône), reportage
« Des incendies, on en a connus. Mais des comme ça, de cette intensité, jusqu’à nos portes, c’est nouveau », dit un habitant de l’Estaque, ce quartier tout au nord de Marseille dans le 16e arrondissement.
Tandis que la nuit tombe le 8 juillet, des flammes orange et des gyrophares bleus brillent par intermittence dans la colline qui nous domine. Elle est désormais toute noire après un incendie « particulièrement véloce », selon le qualificatif du ministre de l’Intérieur venu dans la soirée au poste de commandement des secours installé dans le quartier de Saint-Antoine (15e arrondissement).
L’incendie est parti d’un véhicule en feu à la jonction des autoroutes A55 et A7 sur la commune des Pennes-Mirabeau peu avant 11 heures mardi 8 juillet. Il a atteint des zones résidentielles du 16e arrondissement de Marseille quelques heures plus tard. Depuis, « le feu est en très nette régression » mais n’est pas fixé, a déclaré le préfet des Bouches-du-Rhône. La circulation des TGV reprend mercredi 9 juillet.
Sécheresses et chaleur ont attisé le feu
S’il a atteint une telle vigueur, c’est que, depuis la mi-juin, la région subit des températures proches de 40 °C. « La vague de chaleur […] a accentué la sécheresse des sols et fragilisé la végétation », analyse Météo-France. Depuis dimanche 6 juillet, le mercure est redescendu sous les 30 °C, mais le mistral, jusqu’à 90 km/heure en rafales, a pris le relais pour attiser l’incendie. Il devrait souffler fort, au moins encore pour la journée du 9 juillet.
Habitante des hauts de l’Estaque, Thérèse Autexier, 79 ans, s’apprête à entrer dans l’un des quatre gymnases mis à disposition par la Ville pour accueillir les personnes évacuées, aux alentours de 21 h 30. Elle rembobine les heures angoissantes qu’elle vient de vivre. « À 2 heures de l’après-midi, le feu commençait à…
Auteur: Pierre Isnard-Dupuy

