« Ma vie dépend de ce qui se passe sur le front »

Depuis l’invasion russe du 24 février 2022, comment la guerre a-t-elle changé votre travail d’écriture ?

Je me suis transformé en journaliste et j’ai oublié mon travail d’écrivain. J’ai essayé beaucoup de fois de recommencer mon roman, interrompu par la guerre en 2022. J’ai réussi à écrire 30 pages l’année dernière et depuis je n’ai réussi à écrire qu’une demi-page. C’est tout. Avec le deuxième anniversaire du conflit, ces dernières semaines, on a eu beaucoup de journalistes et de reportages sur l’Ukraine. Maintenant, c’est presque fini. Je vais avoir plus de temps libre dans les prochains jours. Je vais essayer de me concentrer sur mon roman une nouvelle fois.


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Le fait de ne pas pouvoir écrire de la fiction, est-ce parce que votre imaginaire est saturé par la guerre ou parce que vous ne vous autorisez pas à décrire autre chose que la réalité que vous vivez en ce moment ?

Quand on écrit un roman, on existe dans deux mondes au même moment : le monde réel et le monde imaginé. Comme le monde réel est très dramatique, cela exige toute mon attention. Je ne peux pas me détacher de la réalité pour me plonger dans le monde imaginaire. Quand il y aura une situation stable sur le front, quand il y aura des succès de l’armée ukrainienne, je pourrai être un peu moins attentif à la réalité. Pour le moment, je regarde les nouvelles informations sur Internet toutes les 20 minutes pour savoir ce qui se passe. Ma vie dépend de ce qui se passe sur le front. Aujourd’hui en Ukraine, la majorité des romanciers ne peuvent plus écrire comme avant. Il y a des auteurs de science-fiction qui réussissent encore à écrire des romans…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Pauline Migevant

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