MACRON-COMA

Ce jeudi 14 avril, un escadron de voltigeurs à motos et à matraques -tout de noir vêtu façon caravane de la mort- remonte en paradant les trottoirs du Boulevard Saint Michel. On est à quelques mètres de l’endroit où les motards de Chirac ont assassiné Malik Houssekine, quarante ans plus tôt. En ce moment l’histoire bute sur ses fantômes, bégaie, aux confins du coma.

Ce jour j’ai rendez-vous avec des collègues enseignants place de la Sorbonne parce qu’on ne comprend pas trop ce qui se passe. Un groupe d’étudiant.es est enfermé dans une aile de la vieille Sorbonne, à l’étage.

On nous a dit qu’une AG est prévue à 15 heures dans un amphi pour discuter de la situation et pourquoi pas de l’élection en cours. Mais ce débat n’est visiblement pas possible parce la police empêche toute entrée comme toute sortie. On apprend aussi que la préfecture, qui a le sens de la proportionnalité, a fait fermer toutes les facs de Paris, et peut-être bientôt de France, jusqu’à la ré-élection de l’Empereur. Avec le préfet Lallement, on est dans l’injonction nazifiante : « Entre les deux tours des élections, quinze jours durant, les professeurs, les gitans, les musulmans et les juifs sont priés de rester chez eux ! »

C’est trop dangereux. Il faut empêcher toute rencontre, toute discussion, toute mobilisation qui pourrait priver l’empereur d’un triomphe éclatant. Quelques étudiants bouclés dans un amphi paniquent donc la macronie au plus haut niveau. Et s’ils faisaient dérailler l’érection présidentielle ?Gros fiasco. Depuis longtemps ce gouvernement organise le chaos dans les facs en mode communication poutinienne : « c’est la faute des islamo-gauchistes ! ».

Mais l’empereur est comme ça : vous le privez de triomphe, il vous prive de diplôme. Donnant-donnant, le chantage est devenu une façon ordinaire de gouverner. Ce système pervers rend les gens fous, mais l’empereur aime qu’on soit fou de lui, ça l’excite, ça le rend dingue. Ce dingue ne comprend pas pourquoi les gens qu’il fait bastonner depuis plus de cinq ans ne veulent plus voter pour lui. C’est trop triste. « -Les coups c’était trop bien, non ? ». « -Non ! ». Refus, il perd la tête. Mais ça tombe bien parce qu’il aime perdre la tête, c’est sa passion, sa drogue. Et chaque jour, il se re-shoote de cette dinguerie, depuis cinq ans. Le second mandat sent l’overdose.

Toute une génération a d’abord pris la machine infernale Parcoursup dans le visage. Un modèle de sadisme…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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