Le président n’était « pas du tout content » (BFMTV) de voir que le rapport secret sur les Frères musulmans a fuité. Il a donc été « glacial » avec ses ministres, rapporte une source à Libération. « Assez raide » lors de son conseil de défense, selon le Parisien. « Extrêmement remonté », paraphrase LCI. Il a soumis ses troupes à un « recadrage sévère » (TF1, matinale Bonjour !) ou – autre version – à un « sévère recadrage » (LCI). Il a passé un « sacré coup de gueule » (BFMTV). Il était « assez sombre », « agacé » (RTL). Bref, Emmanuel Macron était « en colère » (Libé), il a « manifesté une certaine colère » (France Info), on peut même dire qu’il a fait une « grosse colère » (LCI). En fait, il était carrément dans une « colère froide ».
« Colère froide. » L’expression est revenue à la pelle, dans les médias, et surtout à la télévision. Sur LCI, dans la bouche de Christophe Barbier sur C dans l’air (France 5), dans celle de Sonia Mabrouk sur CNews (elle répète l’expression deux fois), ou encore dans la matinale Bonjour ! de TF1. La répétition n’a pas échappé aux équipes de Quotidien. Yann Barthès en a fait tout une séquence, en rappelant que « la particularité d’une colère froide, c’est qu’elle ne se voit pas ».
Une ‘colère froide‘ : ça en jette. Ça fait patriarche. Ça fait vivant, engagé, investi. Ça fait ‘autorité’, mais pas ‘autoritaire’.
C’est « une colère contenue, sans manifestation gestuelle ni verbale ». Elle est précisément l’inverse d’une colère noire : celle où l’on s’énerve fort, où l’on « casse des assiettes » (comme le fait réellement Yann Barthès sur le plateau, pour accentuer son ironie – on est à la télé, ne l’oublions pas). Il n’y a donc qu’une solution pour que cette « colère…
Auteur: Alizée Vincent

