En sacrifiant tardivement à ce rituel du voyage à Tel-Aviv qui marque l’appartenance au camp occidental, Emmanuel Macron s’est au moins donné du temps pour en dire un peu plus qu’Olaf Scholz, Giorgia Meloni et Rishi Sunak, qui l’avaient précédé. Ceux-là s’étaient contentés d’ânonner le catéchisme diplomatique assurant qu’Israël « a le droit de se défendre ». Phrase légitime après l’attaque barbare commise par le Hamas le 7 octobre, mais vite devenue insupportable quand ce droit, aux contours mal définis, a autorisé le massacre des enfants palestiniens. Le contexte a changé. Si l’émotion est toujours très forte en Israël, les regards se sont peu à peu tournés vers Gaza. La catastrophe humanitaire organisée par le gouvernement israélien rend plus difficile l’expression des soutiens inconditionnels. Il faut des Ciotti ou des Braun-Pivet pour persister froidement dans l’indifférence aux souffrances palestiniennes.
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Deux millions et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, affamés, privés d’eau potable, de soins, opérés sans anesthésie, quand ils ne sont pas déchiquetés par les bombes, cela a commencé à interpeller les consciences les plus endurcies. Et quand ce n’est pas leur affect qui tourmente nos dirigeants, c’est au moins leur intérêt bien senti devant la mobilisation des opinions – voir le succès des manifestations de Paris et de Marseille, le 22 octobre –, ou devant la crainte d’un embrasement au nord d’Israël sous la menace du Hezbollah. Dans ce contexte nouveau, Emmanuel Macron est venu en Israël avec un message d’abord indigent : que veut dire sa…
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Auteur: Denis Sieffert

