Macron fait front antirépublicain

A minima, les commentaires qui entourent l’entêtement d’Emmanuel Macron à ne pas vouloir reconnaître sa défaite sont… polis. Il bénéficie même d’une indulgence sidérante. À gauche, le député Benjamin Lucas (Génération·s) compare le coup de force du président à la prise du Capitole aux États-Unis, « sans la violence », ajoute-t-il. Même comparaison du côté du communiste Fabien Roussel, qui assure que le locataire de l’Élysée s’inspire de Donald Trump en ne reconnaissant pas sa défaite. Le secrétaire national du PCF parle de « coup d’État ».

Macron avait la possibilité de demander à ses troupes de s’engager à ne pas voter de motion de censure contre un gouvernement du NFP.

Peut-on leur donner tort ? Comment appelle-t-on un régime dont les gouvernants perdent trois élections successives et ne rendent pas le pouvoir ? Pas plus une République qu’une démocratie. Emmanuel Macron justifie sa volonté de ne pas nommer Lucie Castets, la candidate du Nouveau Front populaire pour Matignon, pour préserver la stabilité institutionnelle. Il y va même de son communiqué de presse où il additionne les voix de son camp à ceux du Rassemblement national – « 350 députés », assure-t-il – qui feraient nécessairement tomber tout gouvernement du NFP. L’argument, telle une bien hasardeuse prophétie, rompt ainsi gravement avec la logique du front républicain qui a permis de faire élire plusieurs dizaines de députés macronistes.


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En bon garant de la stabilité des institutions, Emmanuel Macron – chef toujours incontesté des députés macronistes – avait la possibilité, en cas de nomination de Lucie Castets, de demander à ses troupes de…

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Auteur: Pierre Jacquemain

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