La visite du pape Léon XIV en France ne se déroule pas exactement comme l’Élysée l’avait imaginé. Emmanuel Macron espérait profiter de cette visite pour renforcer son image et s’offrir une séquence diplomatique prestigieuse. Mais le Vatican a refusé plusieurs propositions françaises : garde républicaine, revue des troupes, descente des Champs-Élysées, dîner à l’Élysée et tête-à-tête à Notre-Dame. Ces refus s’expliqueraient notamment par les tensions autour de la loi sur la fin de vie, de la laïcité française et de la politique migratoire du gouvernement.
L’Élysée aurait même laissé circuler l’idée que le pape négligeait les pompiers et les artisans de Notre-Dame, une accusation contestée par des sources de l’épiscopat. Derrière cet épisode protocolaire, c’est la volonté de Macron de tirer un bénéfice politique de la visite qui est mise en cause. Le pape, en déplacement apostolique et non en visite d’État, entend conserver son indépendance.
Mais Léon XIV attire aussi les responsables politiques français, de la droite au Rassemblement national, jusqu’à certains élus de gauche. La présence de Yaël Braun-Pivet et des services parlementaires à la messe de la place de la Concorde suscite des critiques, tout comme la mise à disposition gratuite de l’espace public parisien. À gauche, plusieurs élus, notamment au PCF et à LFI, affichent leur intérêt pour le pape et ses positions sur les migrants. Une proximité qui provoque toutefois des crispations internes et relance le débat sur la place de la religion dans l’espace public et le respect de la laïcité.
Auteur: Le Média
