Vers une interdiction de toutes les initiatives non syndicales, qualifiées de non «légitimes» par le pouvoir
Les centrales syndicales sont-elles condamnées à rester les témoins passifs de la plus grande répression contre un mouvement social de l’histoire de la Cinquième République ? Ou pire, à accompagner l’instrumentalisation d’un régime aux abois sans réagir ?
C’est la question que l’on peut se poser après les dernières déclarations de Macron. Il vient d’annoncer sur France Info que «seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seront autorisées samedi». Et à condition de manifester en-dehors des centre-villes, donc sans être vus ni entendus. Bref, des défilés inutiles, pacifiés et encadrés. Il s’agit, de la part du président, d’attaquer une nouvelle fois un droit fondamental, celui d’exprimer ses opinions. Et donc d’un pas de plus dans la dictature.
Le chef de l’État va également réunir un conseil de défense demain vendredi. Qu’est-ce qu’un Conseil de défense ? En période de crise et d’état d’urgence, ce ne sont plus les élus qui détiennent le pouvoir, mais un comité restreint politico-militaire, le «conseil de défense et de sécurité nationale». En France, il rassemble le président, quelques ministres et les hautes autorités militaires. Ce «Conseil de défense» définit les grandes orientations politiques, les opérations de guerre et doit gérer les «crises majeures». C’est donc une poignée de personnes non élues, issues de l’armée et de la police, qui gouverne de facto la France, et qui n’a pas de compte à rendre puisque toutes les réunions ont lieu sous «secret défense». Là encore, la France est le seul pays européen à être doté d’un outil aussi autoritaire.
Revenons aux syndicats : Macron annonce que «la doctrine arrêtée est que partout où il y a une volonté de se regrouper par des gens qui n’ont pas la…
Auteur: B
