Macron : le calme ne se décrète pas

Emmanuel Macron s’est offert un « 20 heures » pour ne presque rien dire. Ou plutôt si, pour inviter les partis politiques à appeler au calme et adresser à la justice une phrase aussi sidérante que lourde de sous-entendus : « Nos juges rendent la justice en votre nom et ils savent ce que vous attendez. »

Ainsi le chef de l’État signifie-t-il aux magistrats qu’ils sont comptables des attentes populaires, au risque de brouiller dangereusement la frontière entre justice et opinion. Quant au calme, encore faudrait-il s’interroger sur ce qui le rend si difficile à obtenir. Pourquoi appeler au calme quand la colère est à ce point méprisée, caricaturée, verrouillée ?

On ne désamorce pas une crise en sommant celles et ceux qui la traversent de se taire. On ne répond pas à une mobilisation par la seule invocation de l’ordre, surtout lorsque cet ordre est lui-même devenu synonyme, pour une partie de la population, d’injustice sociale et d’impuissance politique.

La doctrine du maintien de l’ordre aurait échoué, entend-on désormais, et la faute en reviendrait aux renseignements généraux. Pourtant, une note des services territoriaux, datée du jeudi 15 octobre, signalait des risques d’exactions et de violences contre les forces de l’ordre. Alors, qu’a-t-on anticipé ? Quelles consignes ont été données ? Pourquoi les effectifs ont-ils semblé manquer précisément là où les tensions éclataient ? Le maire de Marseille, vidéos à l’appui, assure-t-il, s’interroge sur l’absence des forces de l’ordre sur certains lieux de tension, jusque dans sa mairie occupée.

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À Limoges, des policiers eux-mêmes auraient déploré leur sous-effectif alors que l’hôtel de ville prenait feu. Laurent Nuñez a reconnu que les forces de l’ordre avaient été…

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Auteur: Pierre Jacquemain