Macron s’attaque de nouveau aux oiseaux menacés

Quelques jours après le Congrès mondial de la nature durant lequel Emmanuel Macron a proclamé son engagement pour la biodiversité, le gouvernement veut relancer la chasse d’espèces menacées. Le ministère de la Transition écologique a en effet mis en consultation publique, mercredi 15 septembre, quatre arrêtés relatifs au retour de pratiques dites « traditionnelles ». Et ce, malgré une décision du Conseil d’État qui a confirmé leur illégalité le 6 août dernier.

Au programme, l’autorisation du piégeage de 106 500 alouettes des champs aux pantes (filets horizontaux) et matoles (cages tombantes) dans quatre départements du Sud-Ouest : les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. À cette liste s’ajoutent 1 200 vanneaux huppés, 30 pluviers dorés, 5 800 grives et merles à l’aide de filets rabattants ou de lacets à nœud coulissant (tenderie des Ardennes). « On ne peut pas accepter la non-sélectivité des méthodes de chasse. Les lacets dans les Ardennes ne sont pas sélectifs, les matoles et filets peuvent aussi piéger d’autres espèces… », dit à Reporterre le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Allain Bougrain-Dubourg. Cette non-sélectivité est un des arguments sur lequel le Conseil d’État s’est fondé pour prendre sa décision contre ces méthodes de chasse, en application de la directive européenne « oiseaux » de 2009.

En France, l’alouette des champs est une espèce en déclin continuel avec une chute de 35 % de ses effectifs reproducteurs ces quinze dernières années. Le vanneau huppé, lui, est classé « quasi menacé » sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine.

Emmanuel Macron au Congrès mondial de la nature, le 3 septembre. Twitter / Sébastien Barles

Prochaine étape : les consultations publiques — les projets d’arrêtés y étant systématiquement soumis. « Mais les résultats sont le plus souvent méprisés », dit Allain Bougrain-Dubourg. En tous cas, si lesdits arrêtés sont signés, « la LPO demandera leur suspension immédiate devant le Conseil d’État ».

Du côté officiel, un conseiller de la ministre de la Transition écologique explique : « Dans un cadre électoral, où certains candidats sont favorables à la chasse, ces consultations permettront de sortir par le haut du débat sur les chasses traditionnelles, car le juge aura tous les…

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Auteur: Théo Tzelepoglou Reporterre

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