Du 25 septembre 2025 à la mi-octobre, les rues des grandes villes de Madagascar ont été secouées par des manifestations de masse, initiées dans les premiers temps par la Gen Z Madagascar. La répression brutale – avec son lot d’arrestations, de violences policières et de victimes (directes et indirectes) – a nourri l’actualité de manière continue et quasi-instantanée, et a favorisé un élargissement à divers secteurs de la société, conduisant à la chute du dirigeant Andry Nirina Rajoelina.
Dans cet article, l’historien Solofo Randrianja revient sur les raisons immédiates de la chute de Rajoelina, puis analyse les causes profondes de la crise politique à laquelle il n’a pas pu échapper, mais aussi les caractéristiques et l’originalité du mouvement populaire qui a éclaté il y a quelques semaines.
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Ancienne colonie française, indépendante depuis 1960, les années 1972, 1991, 2002, 2009 y furent les témoins de changements de dirigeants, issus de mouvements de rue, initiés pour la plupart par des jeunes citadins. A croire que les premiers se sont montrés, à tour de rôle, incapables de réagir à un phénomène aussi prévisible, à force de ne voir que leurs propres intérêts immédiats. Et pourtant, ils accédèrent au pouvoir, à peine plus âgés que les manifestants. Didier Ratsiraka n’avait pas quarante ans lorsqu’il arriva au pouvoir en 1975, tout comme Andry Nirina Rajoelina en 2009. Cette contribution se propose d’aller au delà de l’actualité pour examiner les causes de ces crises politiques à répétition.
Comment Rajoelina est tombé
À la mi-septembre, trois conseillers élus de la capitale trainant des bidons jaunes vides avec des ampoules autour du coup, protestèrent contre les coupures d’électricité et d’eau dont sont victimes les habitants des villes, envions 35 % de la population totale. La brutalité policière relayée par les réseaux sociaux donna de…
Auteur: redaction

