Christophe Gatineau est agronome spécialiste des vers de terre, président de La Ligue de protection des vers de terre et auteur du Jardin vivant.fr ainsi que de nombreux articles et livres, dont Éloge du ver de terre (éd. Flammarion, 2018).
Mme la ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de la Forêt,
Je ne m’attarderai pas à vanter l’œuvre des vers de terre, tant il est devenu banal de célébrer toutes leurs vertus agronomiques. Ils sont pour nos champs ce que les abeilles sont pour nos fleurs, l’un des piliers discrets d’une agriculture durable et bienveillante pour les sols et le climat.
Laboureurs infatigables qui fonctionnent à l’énergie solaire, une énergie infinie tant que le soleil brille, les vers de terre sont la première masse animale des sols et les premiers indicateurs de leur bonne santé, en plus d’être aussi des marqueurs essentiels de la biodiversité. Ingénieurs, digesteurs, nourrisseurs, laboureurs, ils interagissent sur la qualité des sols et la croissance des plantes, ils sont aussi source d’alimentation pour énormément d’animaux.
Plus personne n’ignore non plus l’état dégradé à des degrés divers de nos sols agricoles, l’habitat des vers. Les sols nourriciers sont déjà rares et non renouvelables à l’échelle humaine, la loi française devrait donc au minimum les préserver pour les conserver. Préserver, c’est ménager les ressources, le contraire d’épuiser et de tarir : « Qui veut voyager loin ménage sa monture », écrivait Jean Racine dans Les Plaideurs, en 1668.
« Merci à mon camarade le ver de terre »
Le site de votre ministère lui-même le souligne, les vers de terre sont les architectes des sols fertiles. Ministres et scientifiques, tous louent, ont loué leurs vertus sans vergogne.
En 2014, le ministre Stéphane Le Foll s’exclamait : « Merci à mon camarade le ver de terre, l’un des plus grands marqueurs de la bonne santé des sols et de…
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