Maghreb noir. Rabat, Alger et Tunis dans les luttes panafricaines de Paraska Tolan-Szkilnik, Éditions Ròt-Bò-Krik, 336 pages, 17 euros.
Juillet 1969. Le cinéaste et photographe William Klein est sollicité par le gouvernement algérien pour documenter le festival panafricain d’Alger. Nous sommes sept ans après l’indépendance, et le président algérien Houari Boumédiène veut profiter de l’événement pour inscrire son pays dans l’histoire du panafricanisme et faire fructifier les alliances politiques et économiques que celle-ci peut engendrer.
Pendant dix jours, le festival accueille des conférences, des représentations d’artistes et des débats publics. Il s’ouvre le 21 juillet avec un défilé dans les rues d’Alger rassemblant danseurs, musiciens, représentants des délégations nationales et membres de groupes indépendantistes comme l’ANC d’Afrique du Sud, le Frelimo mozambicain, le Frolinat tchadien, le MPLA angolais et le PAIGC de la Guinée et du Cap-Vert.
Parmi les invités, on compte aussi des activistes du Black Panther Party, dont deux membres sont alors en exil à Alger, Kathleen et Eldridge Cleaver, et plusieurs artistes, dont la chanteuse Miriam Makeba et les saxophonistes Manu Dibango et Archie Shepp. Pour William Klein, qui s’exprime lors d’une projection du film à Alger en 2009, « le festival reste un grand souvenir, très émouvant. Il y avait une urgence historique. Tous ces gens risquaient leur vie, tous les jours. Ils cherchaient à établir une culture du combat ».
On n’y croyait pas trop au festival, étant donné la répression qui courait.
B. Ouadi
Lorsque Paraska Tolan-Szkilnik découvre Festival panafricain d’Alger 1969, elle est étudiante à l’EHESS et rédige un mémoire sur la place du Sénégal et…
Auteur: Pauline Guedj

