Magma **
de Cyprien Vial
Film français, 1 h 25
Un « magma », c’est le surnom péjoratif donné à un déplacé de la Basse-Terre à la suite de l’éruption de la Soufrière en 1976. Un traumatisme pour les milliers d’habitants du sud de la Guadeloupe qui ont dû tout quitter lors d’un réveil du volcan, perdant logements et emplois. Il n’y a eu aucun mort, mais ce désastre social a laissé dans les esprits une défiance accrue envers les autorités.
Le pouvoir scientifique, c’est Katia Reiter qui l’incarne. Vulcanologue renommée, elle s’apprête à prendre un poste à La Réunion après dix années passées en Guadeloupe. Elle emmènera avec elle Aimé, un doctorant guadeloupéen auprès de qui elle joue un rôle de mentor. Marina Foïs, en spécialiste entièrement vouée à sa tâche, et Théo Christine, en étudiant brillant sur ses traces, campent ce tandem efficace.
Quand la Soufrière se manifeste, Katia se rend avec Aimé sur ses flancs pour évaluer les risques pour la population. À leur retour, elle assure au préfet que le volcan ne représente aucun danger à moyen terme. Du bruit et quelques fumerolles, rien de plus. Mais peu après, une explosion provoque la panique. Le préfet (Mathieu Demy) ordonne l’évacuation de la zone contre l’avis de Katia Reiter.
Inspiré par « La Soufrière » de Werner Herzog
Dans son enfance, Cyprien Vial est allé au sommet de la Soufrière, rendue plus impressionnante encore par une pluie battante, la brume et les vapeurs de soufre. Le visionnage pendant le confinement du documentaire La Soufrière de Werner Herzog a réveillé ces sensations, tout en faisant écho à l’actualité avec ses images des rues vides de Basse-Terre en 1976.
À l’opposé d’un spectaculaire film catastrophe, le cinéaste, qui signe son troisième long métrage, s’attache au travail des vulcanologues dans une partie de la Guadeloupe jamais montrée au cinéma. Il rend compte de leurs tâches avec…
Auteur: Corinne Renou-Nativel

