Qui portera les pois en haut de Luchon-Superbagnères ? L’enjeu est de taille sur cette 14e étape du Tour de France, samedi 19 juillet, puisque les coureurs auront à gravir quatre cols pyrénéens, et parmi eux, deux cols hors catégorie, qui rapporteront chacun un joli paquet de points : 20 pour le premier, 15 pour le deuxième, 12 pour le troisième et ainsi de suite jusqu’au huitième.
Si les coureurs appuient si fort sur les pédales pour grappiller ces points en haut des cimes, c’est parce qu’ils permettent d’arborer un maillot mythique : pois rouges sur tunique blanche. Cette tunique qui célèbre la ténacité et le courage du meilleur grimpeur de la Grande Boucle arbore fièrement depuis cinquante ans ses 141 pois (pour une taille M).
1975, naissance d’une légende
Été 1975. À la seconde étape du Tour de France, le Belge Lucien van Impe récupère le titre de meilleur grimpeur. Si cette reconnaissance existe depuis 1933 avec le grand prix de la montagne, elle s’accompagne cette année-là d’un maillot distinctif. « Vous ne croyez pas que je vais porter ce maillot de clown » se serait exclamé le « ouistiti des cimes » à la vue des points rouges.
L’idée de la tunique bariolée vient du codirecteur du Tour, Félix Lévitan. L’image est un hommage à un coureur sur pistes des années 1930, Henri Lemoine. Surnommé « le bouledogue », ce petit homme trapu s’est fait remarquer dans les vélodromes grâce à son maillot blanc brodé de pois rouges. Celui que les Allemands, qui l’emprisonnent en mai 1940, appelle le « kleine Punkte » (« le petit pois »), s’était alors inspiré des casaques de jockey pour ne pas passer inaperçu.
173 coureurs (et coureuses) distingués
Depuis son institution en 1975, et jusqu’au départ du Tour en 2025, 173 coureurs (parmi lesquels 11 femmes lors des Tours féminins) ont enfilé le maillot aux petits pois. Pour atteindre le sommet, tous les…
Auteur: Alix Champlon

