« Les opérations de paix sont appelées à faire davantage avec des ressources moindres », a résumé le chef des opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, lors d’une séance annuelle du Conseil de sécurité consacrée aux forces de police des missions onusiennes. Derrière cette formule se profile un basculement, celui d’un maintien de la paix sommé de s’adapter à un monde plus instable tout en voyant ses moyens se contracter.
Une fonction devenue stratégique
Dans des contextes où les conflits sont moins interétatiques que fragmentés, souvent urbains et mêlés à la criminalité organisée, la police apparaît comme un instrument parfois plus adapté que la force militaire seule. Elle forme, conseille, patrouille, soutient les institutions judiciaires et tente de retisser des liens entre populations et autorités.
Pour les responsables onusiens, cette dimension institutionnelle est devenue centrale. L’objectif n’est plus seulement d’empêcher une reprise immédiate des violences, mais de créer les conditions d’une sécurité durable, reposant sur des forces nationales crédibles.
Encore faut-il disposer des moyens nécessaires. Jean-Pierre Lacroix l’a rappelé sans détour : « Cette recherche d’efficacité ne saurait se substituer à un financement prévisible et durable ». Un avertissement adressé aux États membres, dont les contributions tardives ou insuffisantes alimentent la crise financière que traverse l’organisation.
Le terrain impose ses limites
Au Soudan du Sud, cette tension se retrouve sur le terrain. Meinolf Schlotmann, le chef de la police de la MINUSS – la mission de l’ONU déployée depuis 2011 dans ce pays vaste et enclavé – décrit une présence nécessairement sélective : priorisation des zones à risque, patrouilles mobiles pour compenser la fermeture de bases, adaptation constante à un environnement politique volatile.
« Cela signifie faire moins avec moins », reconnaît-il.
Moins…
Auteur: Nations Unies FR

