Comme le veut désormais le maintien de l’ordre à la française, une mobilisation sociale s’accompagne de graves blessures. Mais puisqu’il s’agit de lycéen·nes, elles sont cette fois-ci occasionnées à des mineurs. Depuis le début de la colère de la jeunesse, une main a été arrachée à Lens, un œil perdu à Tours et une mâchoire fracturée à Saint-Ouen-l’Aumône. Le 5 octobre, jour où un jeune homme de 15 ans est mutilé à Lens, une pétition est déposée sur le site de l’Assemblée nationale, demandant l’« interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales dans les manifestations lycéennes ».
Ce qui a motivé la pétition, c’est aussi qu’il n’y ait pas un nouveau drame comme celui de Malik Oussekine.
Y. Yamamoto
Six jours plus tard, elle comptabilise plus de 100 000 signatures, le seuil pour obtenir un examen en commission des lois. Déposée par Raphaël Pradeau, professeur, père d’un lycéen et porte-parole d’Attac, la pétition a été conçue par l’association. « On a cherché à savoir où on serait le plus utile », explique Youlie Yamamoto, son autre porte-parole. Le texte vise une large partie de l’arsenal policier : les lanceurs de balles de défense (LBD), les grenades assourdissantes ou de désencerclement et les pistolets à impulsion électrique. Il demande aussi de proscrire le plaquage ventral, les clés d’étranglement et le pliage corporel.
« Faire interdire ces armes lors des mobilisations lycéennes serait une première victoire et un point d’appui pour obtenir leur interdiction généralisée », justifie l’association dans un communiqué. « C’est un petit peu la technique de la gradation ou du cheval de Troie », résume Youlie Yamamoto. Une première interdiction sur les mineurs pourrait ouvrir la voie à une interdiction générale.
Mutilations
Le danger est connu. En…
Auteur: Maxime Sirvins
