Toulouse (Haute-Garonne), reportage
Il est 7 heures du matin à Toulouse, le 18 septembre, et de longues files de voitures patientent au rond-point Albert-Vandel, juste en face de l’entrée de la Météopole, le cœur opérationnel de Météo-France. Voté en assemblée générale quelques jours plus tôt par l’ensemble des syndicats du groupe météo, un blocage filtrant est organisé par une vingtaine de salariés pour ralentir la circulation et alerter les automobilistes sur les choix budgétaires du gouvernement.
« Ce qu’on vit à Météo-France, c’est le reflet des politiques nationales, explique Murielle, une vingtaine d’années, qui réalise une thèse au Centre national de recherches météorologiques (CNRM). On ressent de plein fouet le non-remplacement des fonctionnaires qui partent à la retraite, la multiplication des contrats précaires ou la dégradation des services publics. »
Une tente de la CGT-Météo, abritant café et viennoiseries, trône devant l’entrée du site, et plusieurs banderoles sont accrochées autour du rond-point. « Climat austère, météo en colère », peut-on lire sur l’un des tracts qu’elle donne à un automobiliste.
« C’est de plus en plus compliqué de faire notre travail à Météo-France », dit Clément, prévisionniste dans le groupe. Le syndicaliste équipé d’un gilet de la CGT poursuit : « On a de plus en plus de missions avec le dérèglement climatique, comme les vigilances sur les feux de forêt, pourtant on a perdu un tiers de nos effectifs depuis quinze ans. On est passés de 3 900 à 2 500 salariés. »
La Météopole toulousaine concentre à elle seule 1 500 salariés, ce qui en fait l’un des principaux sites européens de météorologie.
« L’une des premières missions de Météo-France, c’est la sécurité des biens et des personnes. Mais avec les baisses d’effectifs et la fermeture de presque tous les centres départementaux de…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

