L’histoire est toujours la même. Sur un petit territoire, de nombreuses personnes tombent malades sans raison apparente. La plupart du temps, aucune étude approfondie n’est ordonnée par les autorités. Inquiets, des riverains se mobilisent. Ils montent des collectifs, alertent la population, interrogent leurs élus et les instances sanitaires. En vain. Après des années de lutte, plusieurs collectifs de citoyens ont choisi d’ouvrir un « centre de recherche citoyen » dans leur ville. Un modèle d’établissement original leur permettant de combler le vide scientifique laissé par les autorités sanitaires.
Ces citoyens engagés habitent dans l’Aude, dans les Alpes, en Loire-Atlantique et en Île-de-France. Sous leur impulsion et à l’aide de subventions publiques et privés, de cotisations d’adhérents, de dons, trois centres de recherche écocitoyens et un observatoire ont ouvert leurs portes en 2023 et 2024. Leurs travaux débutent tout juste : les directions et les scientifiques viennent d’être recrutés (ou le seront très prochainement), les collèges représentatifs des différentes parties prenantes (citoyens, politiques, industriels, etc.) sont en cours de finalisation et les locaux tout juste investis. Le centre de Sainte-Pazanne, en Loire-Atlantique, s’installera bientôt dans un espace de la mairie annexe de Machecoul-Saint-Même.
Dans les prochaines semaines, les sujets et les protocoles de recherche seront choisis et discutés avec les citoyens. L’objectif : répondre scientifiquement aux questions très matérielles qui émergent sur le territoire. Par exemple, que contient le panache de fumée de l’incinérateur ? Est-il responsable de l’asthme de mes enfants ?
L’idée est de se départir des contraintes politiques (une échéance électorale, une actualité économique) et scientifiques (un financement lié à une question particulière) pour garder en ligne de mire l’objectif de « mieux connaître les…
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Auteur: Violaine Colmet Daâge

