Les proches de l’actrice Nathalie Baye ont annoncé son décès samedi 18 avril. Âgée de 77 ans, elle était atteinte de la maladie à corps de Lewy. Moins connue que les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson, cette maladie neurocognitive touche pourtant pas moins de 250 000 personnes en France.
Robin Williams, Monica Vitti, Catherine Laborde ou, récemment, Nathalie Baye : toutes ces personnalités ont été emportées par la maladie à corps de Lewy.
Cette maladie neurocognitive n’est généralement médiatisée que lorsqu’elle est responsable du décès d’une célébrité. Elle est pourtant fréquente, puisqu’en France, elle affecte environ 250 000 personnes, ce qui en fait la deuxième maladie neurodégénérative la plus répandue, derrière la maladie d’Alzheimer, et la place au même rang que la maladie de Parkinson. Dans le monde, on estime que la maladie à corps de Lewy touche plus de 10 millions de patients.
À quoi est-elle due ? Quels symptômes doivent alerter ? Comment est-elle prise en charge ? Voici ce qu’il faut en savoir.
Une maladie longtemps ignorée
La maladie à corps de Lewy doit son nom à la présence, dans les neurones des patients, d’inclusions baptisées « corps de Lewy », du nom du médecin d’origine allemande Friedrich Heinrich Lewy, qui en a pour la première fois mentionné l’existence en 1912.
Ce n’est toutefois qu’en 1976 que le premier cas clinique sera formellement décrit, tandis que les premiers critères cliniques internationaux n’ont été définis qu’en 1996.
Lors de ses stades les plus précoces (le stade « prodromique » ou « prodromal », auquel succède le stade « léger »), la maladie à corps de Lewy se caractérise par le dysfonctionnement de certaines parties du cerveau, comme l’Insula et les bulbes olfactifs. L’Insula est impliquée dans la cognition, les émotions, la conscience de soi, la douleur, le neurovégétatif, le goût, tandis que…
Auteur: Frédéric Blanc, Professeur de gériatrie et neurologue, chef du service de Gérontologie Mobile-Neuro-Psy-Recherche et du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR), chercheur au sein de l’équipe IMIS du laboratoire ICube, Université de Strasbourg, Université de Strasbourg

