Natacha* est aux petits soins des patients du centre hospitalier privé de Saint-Grégoire, en Ille-et-Vilaine. Mais plus pour longtemps. Il y a quelques jours, cette aide-soignante a envoyé sa lettre de démission à la direction de cette clinique appartenant au groupe Vivalto santé. « Pas de gaieté de cœur, mais je n’en peux plus d’être là », explique la Bretonne qui exerce au sein de la clinique depuis 2013. Natacha estime qu’elle a beaucoup donné et reçu trop peu en échange.
Aucune écoute, aucune considération. Et un maigre salaire. Après 20 ans d’expérience, elle touche seulement 1700 euros net par mois. « Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, on est moins bien payé dans le secteur de la santé dans le privé que dans le public. Alors, quand j’ai appris qu’on n’aurait aucune prime de participation versée par l’entreprise cette année, j’ai complètement vrillé ! » Natacha ne veut plus être « un pion qu’on balade de service en service au gré des réorganisations, qu’on appelle au dernier moment pour venir travailler sur les jours de repos ».
À force de tirer sur la corde, elle craque. Il y a eu toutes ces fois où elle s’est cachée derrière une porte pour pleurer. Et puis un jour, en début d’année, alors qu’elle était en route pour prendre son poste, elle s’est arrêtée sur le bord de la route en voiture. « Je ne pouvais plus. J’ai fait demi-tour. J’avais des douleurs partout comme si mon corps me disait stop. » Résultat : sept semaines d’arrêt maladie.
« Pas d’argent pour nous »
À l’instar d’une majorité de ses collègues, Natacha ne comprend pas pourquoi Vivalto Santé ne fait pas profiter les soignants de sa croissance exceptionnelle. Troisième groupe d’hospitalisation privée en France avec 10 400 salariés, l’entreprise vient d’annoncer il y a quelques mois un fort développement en Europe avec l’acquisition de groupes suisses, portugais et…
La suite est à lire sur: basta.media
Auteur: Solenne Durox

