Malcolm Ferdinand : « Le processus autour du chlordécone porte la marque d’une justice coloniale »



S’aimer la Terre. Défaire l’habiter colonial, Malcom Ferdinand, Seuil, collection « Écocène », 608 pages, 25 euros.

Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen, Malcom Ferdinand, Seuil, collection « Anthropocène », 2019. Prix du livre de la Fondation d’écologie politique.

Malcom Ferdinand est ingénieur en environnement (University College, Londres), docteur en philosophie politique (Paris-Diderot), chercheur au CNRS. Il a cofondé l’Observatoire Terre-Monde. Originaire de la Martinique, il travaille depuis une quinzaine d’années sur la contamination des Antilles au chlordécone et sur une approche décoloniale de la crise environnementale. Il est partie civile dans le dossier pénal du chlordécone et a été auditionné lors de la commission d’enquête parlementaire de 2019.

Le 22 octobre, la cour d’appel de Paris a examiné deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC). Où en sommes-nous dans le traitement judiciaire de l’affaire du chlordécone ?

Malcolm Ferdinand : Deux questions étaient posées aux juges. D’abord, l’intention d’empoisonner doit-elle être avérée pour qualifier le crime d’empoisonnement, ou est-ce que la connaissance des effets mortifères de la substance est suffisante ? La deuxième question portait sur la responsabilité pénale de l’État. Une fois qu’elles seront traitées, nous aurons une date d’audience pour aborder le fond de l’affaire. Le processus judiciaire autour du scandale du chlordécone porte la marque d’une justice coloniale.

Nous avons une justice qui se fait à l’extérieur des Antilles, sans les Antillais.

Premièrement, cette affaire qui concerne la Martinique et la Guadeloupe est traitée à Paris. Un des arguments était qu’il y a…

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Auteur: Vanina Delmas

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