« Que savent-ils de l’Angleterre ceux qui ne connaissent que l’Angleterre » (Rudyard Kipling). Cela sera repris par le révolutionnaire noir CLR James à propos du cricket.
J’avais commencé cette réflexion dans des articles pour la rubrique « Musique » pour la Raison et pour l’Idée libre, sur John Mayall et Allman Brothers Band que je vous livre ci-dessous.
Chercher l’idée derrière le mot
Il y a peut-être aussi une réflexion à avoir sur la dichotomie entre ce qu’exprime la musique, comment elle permet à des musiciens de génie de « monter à l’assaut du ciel » par leurs talents et le contenu réel des paroles des morceaux de blues. Si le blues permet et oblige de longs moments de rifles de guitare et/ou d‘autres instruments entre deux phrases, cela ne veut–il pas dire que les paroles et la musique sont deux mondes qui se côtoient sans se reconnaitre et s’identifier ?
Ce qui est fondamental, c’est la musique et non les paroles, c’est pourquoi le fait que « je ne jaspine pas une broquille de roastbeef » n’a strictement aucune importance. Quand on lit les paroles aujourd’hui, en règle générale, cela ne vole pas haut, c’est d’une rare indigence. Tout le monde n’est pas Jim Morrison des Doors.
Allons plus loin dans la réflexion. J’ai toujours été intrigué, le mot est faible, par le fait que les esclaves aient adopté la religion de leurs maîtres qui les opprimaient. Pour moi, c’est un non-sens absolu. Si on combat les maitres pour son émancipation intégrale, alors on rejette tout leur fatras idéologique qui justifie l’oppression que l’on subit. Mais tel n’est pas le cas, au contraire.
On peut penser dans un premier temps, que l’appropriation du culte des maîtres est la volonté de marquer une certaine égalité avec eux, en tout cas de la revendiquer. Mais on sait que malgré une religion commune, on ne se mélange pas entre Noirs et Blancs. Et que cette revendication de…
Auteur: Christian EYSCHEN

