Des centaines de milliers de combattants russes ont déjà été mis hors de combat depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, en février 2022, mais l’armée dispose encore de ressources importantes, avant tout du fait de l’effort financier massif consenti par l’État pour attirer sous les drapeaux de très nombreux hommes issus de régions pauvres.
Mi-mars, la Russie a lancé son offensive de printemps en Ukraine, déclenchant un assaut majeur sur la « ceinture de forteresses » de villes fortement défendues dans la région orientale ukrainienne de Donetsk. En l’espace de 24 heures, près de 1 000 drones et missiles ont visé des infrastructures civiles, énergétiques et de transport sur une vaste partie du territoire, dans le but de saturer les défenses aériennes ukrainiennes.
Durant l’année écoulée, le savoir-faire technologique de l’Ukraine lui a permis de tuer et de blesser plus de soldats russes qu’il n’en avait été recruté. Mais selon les estimations du commandant en chef des forces armées ukrainiennes Oleksandr Syrskyi, le Kremlin prévoit d’incorporer plus de 400 000 nouvelles recrues en 2026, poursuivant ainsi sa stratégie dite du « hachoir à viande » : il s’agit de submerger l’Ukraine sur les lignes de front par le seul poids du nombre, tout en sapant le moral national en détruisant ses infrastructures énergétiques.
Le hachoir à viande
Bien sûr, ce « hachoir à viande » entraîne un niveau élevé de pertes du côté russe. Cela conduit certains observateurs occidentaux à suggérer que Vladimir Poutine pourrait être contraint de venir à la table des négociations simplement parce que son armée ne parvient pas à recruter suffisamment de troupes pour continuer ainsi.
L’idée que la Russie aura du mal à recruter suffisamment de soldats provient aussi de l’analyse de certaines de ses guerres passées, où le traitement déplorable de ses soldats et vétérans a parfois…
Auteur: Charlie Walker, Associate Professor of Comparative Sociology, University of Southampton

