L’inflation, qui s’est invitée durablement dans nos vies depuis la sortie de la crise sanitaire et a été aggravée par la guerre en Ukraine, a amené les banques centrales à durcir leurs politiques monétaires pour tenter de la contenir. En zone euro, face à un taux d’inflation annuel à 6,1 % en mai 2023, en baisse mais encore très éloigné de l’objectif de 2 %, les hausses de taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) se sont ainsi enchaînées à un rythme effréné, avec huit augmentations consécutives depuis juillet 2022. Sur cette période, le principal taux de la BCE est passé de 0 à 4 % depuis début juin.
Ces taux directeurs désignent les taux auxquels la banque centrale prête aux banques commerciales lorsqu’elles demandent des financements pour leurs clients. Cette hausse est donc répercutée sur le coût du crédit, le rendant moins accessible aux agents économiques, ce qui peut entraver leur activité et leurs projets d’investissement. En bout de chaîne, la croissance économique risque de s’en trouver affectée.
Un ralentissement moins marqué en France
La dernière enquête de la BCE sur les prêts bancaires, publiée en mai 2023, montre que ce relèvement des taux directeurs commence à peser significativement sur la demande de crédits, tant pour les entreprises que les ménages, dans l’ensemble de la zone euro.
Bien qu’ils restent inférieurs à la moyenne de la zone euro, les taux d’intérêt des crédits accordés aux entreprises en France ont en effet sensiblement progressé, passant pour les petites et moyennes entreprises (PME) de 1,42 % à fin décembre 2021 à 4 % en avril 2023.
Si la croissance des crédits bancaires aux entreprises continue d’être soutenue en France et parmi les plus dynamiques de la zone euro, elle montre donc un net ralentissement : l’encours progresse de 5,3 % sur un an en avril, contre 7,4 % en décembre 2022.
Toutefois, en dépit…
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Auteur: Timothée Waxin, Responsable du département Finance, Data & Performance, Pôle Léonard de Vinci

