Elle s’appelait Lily, elle avait 15 ans. Selon l’association mandatée pour la suivre, la jeune fille était « psychologiquement complexe », et ces multiples fugues rendaient son maintien en foyer « impossible ». Lily a été retrouvée le 25 janvier, pendue dans la chambre d’hôtel dans laquelle elle avait été placée par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), près de Clermont-Ferrand.
Ce drame a remis en lumière la non-application de la loi Taquet, entrée en vigueur le 1er février 2024, mais qui n’a toujours pas fait l’objet d’un décret d’application. Votée le 7 février 2022, elle interdit de loger à l’hôtel les enfants de l’ASE. La pratique concernerait 5 % des jeunes de l’ASE (1) et ce sont pour la plupart (95 %) des migrants mineurs non accompagnés (MNA).
Hausse des arrivées de mineurs non accompagnés
Dans un communiqué daté du 5 février, l’association Départements de France (DF), à qui revient la charge de la protection de l’enfance, a qualifié la loi Taquet d’« irréaliste et inapplicable dans les conditions actuelles de saturation des structures de l’ASE et de chute des recettes des départements ».
« Je ne peux pas laisser se diffuser une petite musique insupportable selon laquelle les départements se désintéressent du sort des mineurs dont ils ont la charge, écrit François Sauvadet, le président de DF, qui assure que, dès 2022, certains départements avaient réussi à ne plus recourir au placement en hôtel. Qui aurait pu, cependant, prévoir la hausse exponentielle du nombre des placements en ASE due en partie à l’arrivée de mineurs non accompagnés ? » Un peu plus de 200 000 enfants sont actuellement placés à l’Aide sociale à l’enfance et 21 % d’entre eux sont des mineurs non accompagnés. Avec un coup d’arrêt lors de la crise sanitaire, les arrivées sur le territoire français de mineurs en migration sont en constante augmentation.
« Depuis deux ans, il…
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Auteur: Youna Rivallain

