La « cogestion » de la politique agricole se poursuit entre le ministère de l’Agriculture et la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles). Dernière illustration le 30 mars : le jour même de la présentation du « plan Eau » du gouvernement, Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture, annonce au congrès annuel de la FNSEA vouloir revenir sur la procédure d’interdiction du S-métolachlore. Cet herbicide est pourtant responsable d’une vaste contamination des nappes phréatiques et est considéré comme « très toxique » pour le milieu aquatique par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Celle-ci est d’ailleurs dans la ligne de mire du ministre. Le 15 février, l’agence a annoncé engager une procédure de retrait des principaux usages des produits phytopharmaceutiques contenant la substance active S-métolachlore, afin de « préserver la qualité des ressources en eau ». Malgré la pression du ministre de l’Agriculture, l’Anses a confirmé l’interdiction ce jeudi 20 avril, en signant un avis définitif.
Lire l’encadré
- 1er avril 2005 : Le S-métolachlore, l’une des substances actives herbicides les plus utilisées aujourd’hui en France, est approuvé. Son autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne expire le 31 juillet 2023.
- 17 mai 2021 : « Une demande de réexamen des autorisations de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques contenant du S-métolachlore » est formulée auprès de l’Anses par ses trois ministères de tutelle : la Santé, l’Environnement et l’Agriculture. En cause : le S-métolachlore se dégrade en métabolites qui migrent dans les milieux – les sols et les eaux de surface et eaux souterraines. Lors des contrôles des eaux destinées à la consommation humaine, les métabolites du S-métolachlore ont été…
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Auteur: Sophie Chapelle

