A partir du 1er novembre, l’encadrement des loyers s’appliquera à Lyon et Villeurbanne. À Bordeaux, ce sera courant 2022. Montpellier et des villes de la petite couronne de l’agglomération parisienne vont aussi mettre en place dans les mois qui viennent le dispositif qui existe déjà à Paris et Lille. Le logement est le premier poste de dépense pour les familles modestes, devant l’alimentation et les transports. Et cela risque encore de grimper avec le coût de l’énergie.
« La demande d’encadrement des loyers était dans nos engagements de campagne pour les municipales de 2020. On le demandait déjà quand on était dans l’opposition, tient à préciser Stéphane Pfeiffer, adjoint au maire de Bordeaux en charge du logement. En 2020, la municipalité est passée à gauche, élisant un écologiste comme maire, après plus de 70 ans de règne à droite. On a des hausses de loyers conséquentes à Bordeaux depuis cinq à sept ans. Pour nous, la premier objectif de l’encadrement, c’est de stopper la spirale inflationniste. À terme, on peut espérer que ça contribuera à faire baisser les loyers, mais cela n’arrivera pas tout de suite, car l’encadrement ne s’applique qu’au nouveaux contrats. »
Dans toutes les grandes villes de France, les loyers sont de plus en plus chers. En 2014, la loi Alur avait lancé un premier encadrement du parc locatif privé (ne concernant pas le logement social). Paris et Lille l’avaient alors mis en place dès 2015. Mais l’UNPI, l’association des propriétaires immobiliers, avait contesté l’encadrement au tribunal administratif, qui avait invalidé ce dispositif pour des raisons de pures formes.
« L’encadrement des loyers a été vidé de son contenu »
En 2018, la loi sur le logement du gouvernement Macron, la loi Elan, remet en place un nouveau dispositif d’encadrement dans le marché locatif privé, cette fois à titre expérimental, pour cinq ans. Les villes et agglomérations qui le souhaitent doivent candidater auprès du gouvernement. Début septembre, la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, a ainsi donné son feu vert à Bordeaux, Lyon et Montpellier. En revanche, elle a refusé l’encadrement à l’agglomération de Grenoble. Raison invoquée : Grenoble ne remplit pas les critères, son marché du logement ne serait pas assez tendu. Julie Martin, de la Confédération syndicale familiale de Grenoble, membre en tant qu’association de défense des locataires de l’observatoire local des loyers, n’attendait de toute façon pas grand-chose…
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Auteur: Rachel Knaebel

