Malgré Trump et l’inflation, la dualité linguistique demeure un enjeu dans la campagne électorale

Dans un pays où le bilinguisme est une pierre angulaire de l’identité nationale, la maîtrise du français et de l’anglais n’est pas seulement un atout politique, mais une nécessité absolue pour toute figure aspirant au leadership.

La récente course à la chefferie du Parti libéral du Canada (PLC) en est l’illustration : les quatre candidats en lice ont dû démontrer leur — relative – capacité à débattre dans les deux langues officielles du pays, mettant en lumière l’importance de cette alternance linguistique dans la sphère politique canadienne. Plus qu’un simple exercice de style, cette pratique permet aux candidats de démontrer leur légitimité, de séduire un électorat diversifié et de s’imposer comme des leaders crédibles sur la scène nationale.

Qu’en sera-t-il de cette dualité linguistique dans la campagne électorale, qui vient de démarrer ? Déjà, le français parlé par Mark Carney en fait sourciller plusieurs, surtout lors des points de presse où il doit improviser. Son refus de participer au débat en français organisé par le réseau TVA est mis sur le compte de son manque de maîtrise du français. Quoiqu’il en soit, la question linguistique sera à l’avant-plan.

Directeur du Centre d’études canadiennes de l’Université de Stockholm depuis 2017, mes recherches portent sur la géopolitique de la francophonie. En 2024, j’ai reçu le Certificat de mérite du Conseil international des études canadiennes.



Le bilinguisme, une condition de légitimité

L’alternance entre le français et l’anglais ne se limite pas à une question de courtoisie politique. Elle joue un rôle fondamental dans la légitimité d’un candidat.

Un chef de parti au Canada, en particulier au sein du PLC, doit incarner l’unité nationale et être capable de s’adresser directement à l’ensemble de l’électorat. Le Parti libéral a en effet dominé l’histoire politique canadienne et est scrupuleux…

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Auteur: Christophe Premat, Associate Professor in French Studies (cultural studies), head of the Centre for Canadian Studies, Stockholm University

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