Le mouvement social inédit, par ses participants, son ampleur et ses modes d’action, qui a débuté en France le 17 octobre dernier, n’a pas cédé un pouce de terrain face à un régime qui a achevé sa mue autoritaire avec une bénédiction d’une grande partie de la classe politique. Face à notre régime autoritaire, où un président peut décider qui a le droit de manifester et quand, la population n’a pas baissé les yeux. Les manifestations ont eu lieu partout en France, même lorsqu’elles étaient interdites, pendant qu’une marée humaine envahissait le parcours parisien. Retour sur une semaine historique, que cela soit en raison de nos capacités collectives de résistance qu’en raison du niveau d’agressivité d’une classe dominante aux abois.
Le 17 octobre a sacrément secoué le pouvoir qui est entré dans une furie répressive inédite et un profond délire paranoïaque. Les bourgeois ont en effet persisté dans leurs névroses complotistes : le mouvement serait téléguidé par l’Iran, l’Algérie ou la Russie. L’idée que les révoltes seraient le fruit de puissances hostiles est aussi vieille que les révoltes elles-mêmes et toujours aussi peu convaincantes : figurez vous que ceux qui protestent ont une agentivité. “Qui coordonne ?” se demande, paniqué, le président du syndicat des médecins libéraux. Le 17 octobre n’est pourtant pas que français : c’est un mouvement mondial, une sorte de nouveau printemps des peuples. Les gens prennent les rues aussi en Albanie, en Espagne, en Belgique, en Italie, en Inde, au Portugal, en Grèce… “Qui peut nier qu’il existe un chef d’orchestre quelque part, déterminé à achever la ruine et l’effondrement de nos démocraties européennes ? Mais qui ?” éructe en conséquence Brice Couturier. Plus que quelques jours avant que ce beau monde nous explique que le grand marionnettiste est Soros et l’on comprendra alors que le “soutien inconditionnel” à Israël…
Auteur: Rédaction
