C’est un conflit quasi bicentenaire que Javier Milei est peut-être en train de rouvrir. Le président argentin a en effet, le 4 septembre dernier, remis le couvert sur la question des Malouines. Il a promis de « durcir les sanctions » à l’encontre de la Grande-Bretagne, sentant, je cite, « des vents favorables ». Le dossier semblait pourtant fermé depuis la débâcle de la junte militaire face à l’armée anglaise en 1982. Une armée dirigée par l’idole de Milei, Margaret Thatcher.
Au sein de la population argentine, le dossier était loin d’être clos, tant la plaie reste encore vive. En témoigne la banderole affichée par les joueurs de l’Albiceleste, la sélection argentine, après la demi-finale de Coupe du monde remportée contre l’Angleterre.
Mais à ce moment-là, Javier Milei semblait plutôt gêné, voire opposé à cette banderole et à l’idée de relancer une quelconque hostilité sur la question. Pourquoi avoir ainsi retourné sa veste ? Donald Trump n’a en effet pas exclu de soutenir la position de son allié argentin, et le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a appelé Israël à reconnaître la souveraineté de l’Argentine sur l’archipel. Il ne serait donc pas étonnant que Javier Milei se soit senti pousser des ailes. D’autant que les îles Malouines sont aussi connues pour leurs importantes réserves de pétrole. Buenos Aires a d’ailleurs déposé cinq plaintes contre des pétroliers, affirmant que ces derniers disposeraient de licences présumément accordées par le Royaume-Uni. Mais le président d’extrême droite argentin n’est peut-être là que le pantin d’intérêts économiques qui le dépassent très largement.
Ou bien n’est-ce qu’un écran de fumée lancé par Milei, à un an de l’élection présidentielle ? Pour cacher un bilan social et économique calamiteux, peut-être ? Il est vrai que les conflits diplomatiques et/ou militaires sont le levier…
Auteur: Le Média
