Institution multiséculaire, la Gendarmerie nationale n’est pas avare de regards rétrospectifs, de respect de traditions ou de valorisation d’évènements historiques. C’est frappant avec, par exemple, les noms de baptême des promotions des élèves de l’École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) : après le combat de Pontlieue (1871) l’an passé, c’est le connétable du Guesclin (1370) qui est mis à l’honneur cette année.
Pour autant, la gendarmerie sait aussi se prêter à des exercices réflexifs, y compris sur ses pratiques ordinaires qui semblent des évidences intemporelles. C’est le cas du commandement dans son expression quotidienne par les officiers, sujet au cœur d’un colloque académique proposé conjointement par le centre de recherche de l’EOGN (CREOGN) et l’université Paris-Est Créteil (UPEC), et organisé par les trois auteurs pour son volet managérial.
La question du commandement, de la nature de cette activité (talent inné ou apprentissage par l’expérience) et des conditions de son succès, préoccupe les organisations militaires de longue date et continue de faire débat en leur sein. La Gendarmerie nationale n’échappe pas à ces exercices d’introspection, recensant les nécessaires qualités du « chef » contemporain, qui se doit d’être « bienveillant, agile et éclairé », selon les atouts mis en avant par l’institution.
Dans le même temps et comme l’ensemble des services publics (soin, éducation, etc.), l’institution militaire est traversée par un mouvement de fond qui, outre des approches comptables rénovées, conduit à valoriser le regard gestionnaire, associé (à tort ou à raison) à l’efficacité des entreprises privées. Une vision qui n’est pas exempte de débat mais est bel et bien présente désormais, y compris dans les centres de formation des officiers, et qui tend à mettre en avant l’aptitude à manager les équipes, notamment en lien…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Joan Le Goff, Professeur des universités en sciences de gestion, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

