La pandémie de Covid-19 mais aussi les transformations sociétales à l’œuvre autour de la question du changement climatique interrogent notre rapport au monde et les choix de société associés. Notamment, devient fondamentale la question de penser nos activités humaines – et donc le management – autour d’une éthique du « tenable », c’est-à-dire une éthique considérant tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre « monde », de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible.
Cet appel à une éthique du « care », notamment en management, répond à la critique d’un fonctionnement des organisations ne considérant pas suffisamment « l’humain » et le vivant, avec pour conséquences des formes de dominations concomitantes au système capitaliste et à l’idéologie de la croissance infinie. La notion de « limites », comprises dans une approche critique, est alors essentielle pour repenser le travail, notre rapport à la nature et fournir les bases d’une véritable émancipation individuelle et collective. Et ceci dans un contexte où la sixième limite planétaire, celle du cycle de l’eau douce, vient d’être franchie.
Un management au service de la transformation
Dans le champ du management, l’éthique du « care » semble pertinente pour adapter les organisations à un environnement de plus en plus incertain et complexe où la crise devient la norme et où la prise en compte des vulnérabilités individuelles et collectives devient essentielle. Aussi, le management par le « care » semble répondre à la nécessité de reconsidérer dans la société « ce qui compte vraiment ».
Bien au-delà d’une démarche de bienveillance, cette approche constitue un changement radical dans la perception et la valorisation des activités humaines et dans le rapport aux animaux et à l’environnement. C’est ainsi qu’il est susceptible d’incarner un puissant levier…
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Auteur: Magalie Marais, Management Responsable & Organisations Alternatives, Montpellier Business School

