Israël et le Hamas sont-ils mis sur le même plan ?
Si Israël et le Hamas dénoncent de concert les mandats d’arrêt réclamés par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) contre leurs dirigeants, les deux parties excluent d’être assimilées l’une à l’autre. Benyamin Netanyahou rejette « avec dégoût » cette comparaison, tandis que le Hamas dénonce des « tentatives (…) d’assimiler la victime au bourreau ». « Il n’y a pas d’équivalence entre Israël et le Hamas », insiste pour sa part le président américain Joe Biden, grand soutien de l’État hébreu.
Pour Insaf Rezagui, doctorante en droit international et chercheuse à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO), en procédant ainsi, « Karim Khan a voulu montrer que des dirigeants politiques et militaires des deux côtés pouvaient être visés ». « Mais il ne met pas du tout les membres du Hamas et les dirigeants israéliens sur le même plan. Ce sont des mandats d’arrêt individuels avec des charges spécifiques et différentes, même si cela reste des deux côtés des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », ajoute-t-elle.
Karim Khan, qui s’est appuyé pour la première fois sur un panel d’experts indépendants pour muscler son dossier, a précisé que son enquête n’était pas terminée et qu’il se réservait le droit de demander l’émission de nouveaux mandats. Il reviendra à trois juges de décider si ses preuves répondent aux normes requises pour délivrer des mandats.
Quelles conséquences pour Israël ?
En Israël, la déflagration est énorme. « Si des mandats d’arrêt sont émis, ce sera la première fois que des dirigeants d’une puissance qui se revendique démocratique seront mis en cause. Et je vois mal comment les juges pourraient ne pas en émettre. La question sera de savoir si l’intégralité des charges sera retenue ou pas, note l’experte, cofondatrice du site Yaani. C’est un…
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Auteur: Julie Connan

