Au Moyen Âge, le sucre était gratifié de vertus thérapeutiques, tandis que le melon a longtemps été considéré comme dangereux ! Le médiéviste Bruno Laurioux, spécialiste de l’alimentation, raconte l’inlassable quête du bien manger, de l’Antiquité à nos jours.
Dans votre dernier livre, vous faites remonter les débuts de la diététique à l’Antiquité grecque. Comment émerge-t-elle ?
Bruno Laurioux À l’origine, autour du Ve siècle av. J.-C., la diététique est l’un des trois piliers de la médecine, au même titre que la chirurgie et la pharmacologie. La spécificité de la diététique antique, qui va durer, vise à entretenir le corps et à le garder sain, dans une approche préventive, mais aussi à combattre les maladies, dans une démarche thérapeutique. Les traités d’Hippocrate (ou qui lui sont attribués à l’époque) décrivent ainsi les effets des aliments sur la santé.
Au IIe siècle, l’autre grande figure de la médecine antique, Galien, qui se présente un peu comme son héritier, s’intéresse aussi à la diététique. Cet auteur prolifique, qui a commencé comme médecin de gladiateurs en Asie mineure avant de soigner des empereurs et la haute société romaine, va notamment développer la « théorie des humeurs ». Cette idée professe que le corps humain, le « microcosme », est constitué de fluides – le sang, le flegme (lymphe), etc. –, qui sont des combinaisons des…
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