Manifestations anti-RN : les leçons de la mobilisation anti-Bolsonaro au Brésil en 2018

La France traverse une période en certains points semblable à celle qu’a vécue le Brésil à l’automne 2018 : aux prochaines élections, l’extrême droite, en pleine progression, pourrait prendre le contrôle du pays.

Ceux qui ont attentivement observé les mois précédant l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro au Brésil (mais aussi l’inexorable montée en puissance de Donald Trump aux États-Unis deux ans plus tôt) ont aujourd’hui, lorsqu’ils se penchent sur la situation française, l’impression de revoir un film qu’ils ont déjà vu.

Au Brésil en 2018 comme en France en 2024, les progressistes apparaissent désespérés et effrayés en constatant le soutien croissant et assumé de la population à des discours et à des programmes qui, lors des élections précédentes, étaient encore largement honteux ; on assiste à une polarisation toujours plus forte entre les extrêmes du spectre politique, ce qui a pour corollaire direct l’affaiblissement des forces centristes ; et de nombreuses manifestations ont lieu, avant tout à l’appel des mouvements de gauche et de groupes féministes, soutenus par divers segments de la société, y compris des célébrités.

Six ans après la mobilisation anti-Bolsonaro au Brésil, la France vit donc un moment similaire. Avec une issue similaire ?

Le poids des mobilisations féministes

Le mouvement #EleNão (#PasLui), organisé pour endiguer la montée de l’extrême droite au Brésil en 2018, peut en quelque sorte servir de repère aux mouvements féministes français opposés au RN aujourd’hui.

Le mouvement – le plus important organisé par des femmes au Brésil – s’est rapidement étendu à toutes les villes du pays, a gagné une grande notoriété internationale, recevant l’adhésion de personnalités du monde entier, comme la chanteuse Madonna, et a rassemblé des millions de personnes dans les rues.

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Auteur: Jorge Jacob, Professor of Behavioral Sciences, IÉSEG School of Management