Manifestations au Kenya : pourquoi le retrait du projet de loi de finances par Ruto ne satisfera probablement pas les jeunes en colère

_Dans un geste qui a choqué stupéfait les observateurs, le président du Kenya, William Ruto, a annoncé le 26 juin qu’il retirait le projet de loi de finances très controversé de son gouvernement. Cette annonce faisait suite à deux jours de manifestations au cours desquelles des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart des jeunes, sont descendues dans la rue lors de rassemblements nationaux contre les propositions contenues dans le projet de budget 2024. Kathleen Klaus, qui a étudié la violence politique au Kenya, analyse les motivations des manifestants. _

La hausse des prix a-t-elle déclenché les manifestations au Kenya ?

Les fortes hausses des prix des biens de subsistance, en particulier des denrées alimentaires et des carburants, sont souvent à l’origine de protestations et de troubles sociaux. Plusieurs études universitaires l’ont montré.

Il existe de nombreux exemples récents : des manifestations en Tunisie, qui ont déclenché le printemps arabe, aux soulèvements au Chili, en Afrique du Sud et en France.

Pourtant, comme partout ailleurs, la hausse des prix – et la perspective de coûts encore plus élevés – n’est qu’une partie de l’histoire au Kenya. Ce qui semble avoir motivé l’indignation générale et l’action collective est lié à quatre questions clés.

Premièrement, sur un plan matériel et symbolique, le poids de ces taxes était massif. Mais ce sont les pauvres et les classes populaires qui les auraient le plus durement ressenties. Le projet de loi proposait initialement de tout taxer, du revenu au carburant, en passant par les produits essentiels comme les œufs, les serviettes hygiéniques et les couches jetables. Par la suite, des amendements ont supprimé les taxes sur les serviettes hygiéniques et les couches jetables).

Les augmentations de taxes proposées auraient également entraîné une hausse des coûts des soins de santé. Les créateurs de contenu numérique auraient également été…

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Auteur: Kathleen Klaus, Associate Professor, Uppsala University