Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre : c’est le titre de la pétition signée massivement cet été sur le site de l’Assemblée nationale. « C’est la deuxième plus soutenue depuis la création de la plateforme. Mais la commission des lois, qui aurait pu s’en saisir pour organiser un débat, a préféré la classer le 21 juillet », explique Mediapart (20/09). Le média a suivi des manifestants contre le « permis de tuer », à Marseille, à l’instar de Politis ou StreetPress, qui ont publié des reportages photo à Paris.
Les pratiques du journalisme de préfecture
En revanche, ce même 20 septembre, le sujet n’est jamais abordé sur TF1, ni dans le journal de 13 heures, ni dans celui de 20 heures. Il était apparemment préférable, le midi comme le soir, de suivre des touristes achetant des bermudas. Sur France 2, le traitement des manifestations a duré seulement vingt secondes, dans la deuxième partie du 20 heures. « Des incidents ont émaillé ces rassemblements, notamment dans la capitale », précise Laurent Delahousse en lisant sa fiche. La séquence rapide montre un manifestant lançant un projectile, mais pas les charges policières captées notamment par des journalistes d’AB7 Media et du Média : une hiérarchie de l’information et un cadrage devenus banals dans les grands médias, caractéristiques du journalisme de préfecture.
Le service public fait néanmoins un peu « mieux » que ses concurrents. Contrairement aux dispositifs de BFM-TV, LCI et CNews, plusieurs membres de la LDH et du Syndicat de la magistrature ont par exemple été invités sur Franceinfo. Mais face à des syndicalistes policiers : l’art du « débat pluraliste », sans doute… Le sujet a d’abord été abordé dans l’interview matinale de Matthieu Valet, député européen RN et ex-commissaire de police. « Ça vous inspire quoi ces manifestations ? », lui demande le…
Auteur: Florian Lefèvre
