Que nous arrive-t-il ? Le déchaînement de ce funeste 17 octobre désole, inquiète, autant qu’il nous fait honte. Il a ses responsables, qui doivent être nommés. En premier lieu, les casseurs. Leur violence ne constitue pas seulement une atteinte aux biens, c’est un attentat contre un bien commun : la liberté de manifestation. En second lieu, les plateformes, dont les algorithmes polarisateurs conçus à 10 000 km coalisent des appels disparates à l’insurrection sans jamais avoir à en répondre.
À cette liste, on peut ajouter les ingénieurs du chaos, influenceurs ou partis politiques engagés dans la course aux extrêmes. Les défenseurs inconséquents d’une économie soumise à la technique, qui courent en aveugles après le profit sans souci de l’humain ou de la création. Ou encore ces députés incapables de s’entendre sur des réformes d’intérêt général – retraite ou éducation – parce qu’ils n’ont d’autre obsession depuis 2022 que l’élection de 2027. Au regard de toutes ces responsabilités, les questions indispensables sur la défaillance du renseignement et de la réponse policière apparaissent presque secondaires.
Les casseurs n’ont pas le monopole de la colère. Une autre surgit, symétrique, sourde, saine. La colère pacifique de femmes et d’hommes de bonne volonté qui – dans la diversité de leurs opinions et des modalités de leurs actions politiques – contemplent les ruines. Devant l’image de l’hôtel de ville de Limoges incendié, leur revient l’écho récent d’un discours : « La liberté, l’égalité et la fraternité ne sont pas de simples mots gravés sur les frontons de vos édifices publics, mais renvoient à des exigences éthiques universelles. » Cette parole de Léon XIV adressée aux Français il y a seulement trois semaines gagnerait à revenir aux oreilles de tous ceux qui chérissent la paix civile, en connaissent la valeur et…
Auteur:
