Manifestations lycéennes : le gouvernement pointé du doigt pour sa gestion « sans retenue » du maintien de l’ordre

« Il n’y a aucune consigne de retenue ». Interrogé vendredi soir dans le JT de TF1 sur sa gestion du maintien de l’ordre, le ministre de l’Intérieur a fait une affirmation qui vaut aveu et qui prendra une tournure bien différente quatre jours plus tard. Si 215 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, dont la majorité à la suite d’accidents et d’agressions, selon Matignon, ces chiffres ne peuvent occulter les trois mineurs mutilés après l’intervention des forces de l’ordre. Main arrachée, perte de l’usage d’un œil, mâchoire fracturée… « Des blessures graves », « des drames », a reconnu Laurent Nuñez ce mardi sur France Inter avant d’assurer que « dans la quasi-totalité des cas », l’intervention des forces de l’ordre était « proportionnée » et de rappeler qu’il y avait eu plus de « 6 000 interpellations » depuis le début des blocages de lycées.

« Les LBD et les lanceurs de grenades ne sont utilisés en France comme nulle part ailleurs en Europe »

Olivier Cahn, professeur de droit pénal à l’université de Cergy, membre du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), qualifie d’« irresponsable » la manière dont le mouvement a été appréhendé par le ministère de l’Intérieur. « Dès les premières tensions, Beauvau a parlé de violences urbaines. On peut imaginer qu’il s’agissait d’une communication destinée aux parents pour les…

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Auteur: Simon Barbarit