L’ESSENTIEL
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Le mouvement lycéen, rejoint par des parents, des enseignants et des syndicats, a réuni 450 000 manifestants, le 6 octobre dans toute la France (250 000 manifestants, selon le gouvernement).
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Si les revendications sur les moyens sont récurrentes, le contexte global et la forme du mouvement – né dans les banlieues populaires – sont nouveaux.
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La réponse du gouvernement, qui a choisi la « fermeté » policière face à des adolescents avant d’ouvrir les négociations, est également inédite.
La mobilisation lycéenne qui a débuté dans la banlieue parisienne en ce mois de septembre 2026 s’inscrit dans une continuité de mobilisations de rentrée que l’enseignement secondaire a connu en réponse à des situations jugées dégradées (manque de professeurs, classes surchargées, locaux vétustes, etc.), de manière cyclique depuis la fin des années 1970, tranchant avec le type de mobilisations « printanières » qui avaient caractérisé les « années 68 ».
Déjà, en 1978, on a pu noter que ce qui jusque-là avait caractérisé les lycées techniques et les collèges d’enseignement technique (LT et CET) était devenu le problème général des lycées.
« La rentrée scolaire 1978 s’avère calamiteuse, classes surchargées, manque de professeurs, de personnel. En Seine-Saint-Denis, on peut même douter que la rentrée a eu lieu. Dès le 15 septembre, les professeurs du lycée de Saint-Denis et celui de Noisy-le-Sec ont entamé une grève, avec le soutien actif des associations de parents d’élèves et de nombre d’élus locaux pour réclamer des créations de postes et des ouvertures de classes. (…) Pour la première fois depuis mai-juin 1968 des établissements sont occupés de jour et de nuit, c’est notamment le cas dans le 93 à Saint-Denis, à Aubervilliers, à Montreuil. »
in Didier Leschi et Robi Morder, Quand les lycéens prenaient la parole. Les années 68, Syllepse, 2018.
Ces…
Auteur: Robi Morder, Chercheur Associé au Laboratoire Printemps, UVSQ/Paris-Saclay, co-président du Groupe d’études et de recherches sur les mouvements étudiants (Germe), Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
