Le validisme est un système d’oppression. Il hiérarchise les corps et les esprits aux normes de corps, de productivité et de comportement social, assigne certaines personnes à une position d’infériorité, et organise matériellement leur exclusion : du travail, de l’école, des soins, de l’espace public, de la vie politique. Comme tous les systèmes d’oppression, il n’est pas une erreur ou un retard à corriger : il remplit des fonctions dans l’organisation sociale et économique existante, et il sera défendu par ceux qui en bénéficient.
Notre approche est matérialiste. Nous ne cherchons pas à définir le handicap une fois pour toutes, car les catégories médicales, administratives et juridiques qui le découpent sont des constructions sociales au service de rapports de pouvoir. Ce qui nous intéresse, c’est d’analyser les rapports sociaux qui produisent et reproduisent la domination des personnes handicapées : qui décide, qui est exclu, qui travaille pour qui, qui profite de quoi. C’est à partir de cette analyse que nous construisons notre lutte.
Nous considérons que les personnes psychiatrisées font partie de la même lutte. La distinction entre handicap physique, sensoriel, cognitif et psychique repose sur des catégories médicales que nous refusons d’ériger en frontières politiques. Ce qui nous rassemble, c’est l’expérience commune de l’assignation à l’infériorité, de l’institution, de la tutelle, du soin imposé, de l’exclusion, quelles qu’en soient les formes.
I. Le validisme comme rapport social
Le validisme ne se réduit pas à des préjugés individuels ou à des bâtiments inaccessibles. C’est un rapport social qui organise la société entière : qui a le droit d’occuper l’espace public, qui peut travailler et à quelles conditions, qui peut décider de sa propre vie. C’est aussi ce système qui décide quels besoins méritent d’être satisfaits et lesquels ne sont que des coûts…
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