Manon Aubry : « Bardella est le larbin des grands patrons »

Les partis qui siègent au sein du groupe La Gauche au Parlement européen (GUE/NGL) ont du mal à s’imposer comme une alternative à la gauche fédéraliste et sociale-démocrate. Selon les projections d’Europe Elects, votre groupe passerait de 37 sièges à 45 ou 50. Ce qui est une augmentation, mais pas un raz-de-marée. Comment expliquer cette situation ?

Manon Aubry : En vérité, la France fait figure d’exception si nous nous intéressons aux situations des gauches dans les pays européens : l’effondrement de la social-démocratie a permis l’émergence d’une gauche de rupture qui a réorganisé la gauche autour d’elle. La leçon tirée des expériences européennes est claire : partout où la gauche sociale-démocrate trahit, notamment sur les questions sociales comme en Italie ou en Suède, elle installe l’extrême droite au pouvoir.


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En revanche, quand elle tient ses promesses, comme en Espagne où le gouvernement avec l’appui de nos alliés Sumar et Podemos a augmenté le salaire minimum de 50 %, alors la gauche peut gagner. Ces élections européennes permettent aussi à la gauche de se questionner : doit-on revenir à la gauche d’avant, celle des socialistes, qui va continuer de gouverner avec la droite au niveau européen ? Ou continuer de construire une gauche qui assume la rupture avec l’austérité budgétaire, les accords de libre-échange qui sacrifient nos industries et notre agriculture, et le marché de l’énergie qui fait flamber nos factures ?


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Auteur: Lucas Sarafian

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