Après sa morsure de vipère, Manon Aubry, députée européenne de La France insoumise (LFI), pose sur un lit d’hôpital, sous perfusion, mais avec un grand sourire et un livre M. Malchance. La photo a été publiée sur Instagram le 17 août. L’insoumise n’a vraiment pas eu de veine, car les morsures de vipères sont très rares : on en compte en moyenne 300 par an en France métropolitaine, selon la Société de toxicologie clinique.
Et, dans la moitié des cas, ces reptiles mordent sans cracher de venin, qu’elles réservent pour se nourrir afin de neutraliser leurs proies, des amphibiens et petits rongeurs comme les musaraignes et les mulots. En ce sens, les vipères aident à réguler la biodiversité et représentent une aide à l’agriculture.
Pas de décès depuis plus de vingt ans
Les cas graves sont exceptionnels : les sources les plus pessimistes citent entre 0 et 3 morts par an liés à une morsure avec envenimation. « Il semble très difficile de trouver un seul cas documenté de décès lié à une morsure de vipère en France depuis plus de vingt ans, ce qui tend à prouver qu’il n’y en a quasiment plus », tranquillise Loan Pichon, chargée de conservation des vipères au sein de l’Agence régionale de la biodiversité d’Île-de-France.
Malgré les fantasmes et les craintes ancestrales, en réalité, nous représentons bien plus un danger pour les vipères que l’inverse. Depuis 2021, comme tous les serpents, elles sont protégées en France. Il est interdit de les tuer et de les maltraiter.
Nous représentons bien plus un danger pour les vipères que l’inverse
Elles sont pourtant menacées par les activités humaines. Les dérèglements climatiques peuvent les inciter à sortir plus tôt dans l’année de leur hibernation : sauf que si des périodes de gel surviennent après une période de températures anormalement douces en février, elles risquent de mourir. Cela perturbe également leur…
Auteur: Rozenn Le Saint
