Salut manu.
je t’envoie une petite missive du futur (si si maintenant c’est possible) pour te souhaiter du courage pour les 44 ans à venir (oui parce que le bazar avec les retraites… ça c’est pas bien terminé. Enfin pour toi en particulier… et pour Élisabeth. Quand je visionne les archives stellaires de sa fin tragique j’avoue que j’ai quand même des hauts le cœur. C’est moche. Bon, en même temps vous l’aviez un peu cherché. A force de provocation, de mépris, et de bons conseils à tous ces pauvres, ces fainéants et ces irresponsables qui n’avaient qu’à se mettre au travail et … y rester jusqu’à la fin des haricots, ça a quand même fâché un sacré paquet de monde. Même des qui se fâchent pas d’habitude. Ça, c’était puissant, bravo ! Non, c’est vrai, venant de toi, avec ce joli parcours de champion du monde du dentifrice, certains se sont dit non mais, est-il bien légitime ? Je reprends cette citation parce qu’à cette époque c’est un mot que tu employais beaucoup…
peut-être parce que tu l’étais pas trop justement, légitime (?).Oui oui, je sais, on a tous tendance à faire ça : essayer de faire croire que c’est pas moi c’est les autres, surtout pour parler de soi. Les psychologues de comptoir du futur disent que c’est lorsqu’on a un problème avec le sujet en question qu’on a tellement besoin de le mettre sur les autres. Je te cache pas que ça s’est un peu vu. Mon moi de l’époque a vraiment trouvé ça excellent. A part ça, on continue de bien rigoler quand on diffuse le moment où un agent de la BRAV-M a mis un bon gros coup de poing, bien bien gros, à Eric Dupont-Moisi en transe qui faisait des doigts d’honneur à tout le monde en pleine manif, hurlant « manifester est un trouble grave à l’ordre public » parce qu’il avait oublié que c’était un droit constitutionnel. C’était un peu gênant, parce qu’en vrai, c’était le garde des sceaux. Alors ça vous a fichu un soupçon de plomb dans l’aile, mais je tiens à te dire qu’aujourd’hui c’est devenu une pièce de théâtre fameuse, très jouée dans l’archipel. On en a aussi tiré des enseignements et on fait expérimenter la méthode dans nos cercles de praxis pour bien se souvenir de ce qu’il se produit quand on met au pouvoir des personnes qui méprisent les fondements de ce dont ils ont la responsabilité (qui ont rien compris, quoi) et qui ont un rapport pathologique à la domination. D’ailleurs, nous, on donne le pouvoir à ceux qui n’en veulent pas…et le résultat est plutôt chouette. J’en reviens à toi et à cette période troublée que tu vis….
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Auteur: dev

