Dans la série des marchés qui savent franchir les lignes de la morale et du licite tout en déjouant les standards de l’économie, la beauté constitue un terrain de choix, entre traditions cosmétiques millénaires et jeunes influenceuses millionnaires. Un nouveau volume de la collection « Drôles de marchés », intitulé Miroir, mon beau miroir… le marché de la beauté sans fard publié par Faouzi Bensebaa (Université Paris-Nanterre) et Joan Le Goff (Université Paris-Est Créteil), aux éditions L’Harmattan, propose un panorama des tendances qui permettent de se faire ou de se refaire une beauté. Nous vous en proposons ici quatre extraits, issus respectivement des chapitres sur le maquillage, sur la chirurgie esthétique, sur le tatouage et sur le monde professionnel.
Attention, les hommes arrivent !
Longtemps associé exclusivement aux femmes, le maquillage commence à attirer les hommes, séduits par l’offre de plus en plus substantielle des marques proposant des produits pour la gent masculine, inspirés par les tutoriels des réseaux sociaux et les influenceurs cherchant à décloisonner les comportements. Cela étant, il faut d’abord tordre le cou aux idées dominantes et aux stéréotypes.
Harry Styles, membre du groupe One Direction qui a, depuis 2015, poursuivi une carrière solo.
Erin Mccormack/Flickr, CC BY-SA
Bien entendu, le maquillage des hommes existe depuis l’Antiquité et le marquage genré est relativement récent : dans la France du XVIIIe siècle, les hommes se fardaient, se poudraient sans en rougir. Plus proche de nous, des acteurs et des chanteurs – comme David Bowie ou Johnny Depp, entre autres – ont été précurseurs, sans que leurs audaces ne parviennent à rendre universelle une pratique fortement connotée. Après tout, cela reste du show-business, y compris quand des stars actuelles comme Harry Styles emploient…
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Auteur: Faouzi Bensebaa, Professeur de sciences de gestion, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

