Marais poitevin : La guerre de l'eau est déclarée !

Mauzé-sur-Bassines

Mauzé-sur-le-Mignon. Une commune rurale de 6 000 habitants. A cheval entre deux paysages radicalement antagonistes.

D’un côté, le marais asséché qui est aujourd’hui devenu un désert agricole avec ses interminables parcelles de maïs irrigué et ses exploitations industrielles aussi rentables que dévastatrices du vivant. Un paysage ravagé au point qu’on peine à se figurer qu’il fut, il n’y pas si longtemps, un vaste bocage.

De l’autre le marais mouillé, ses conches et ses frênes têtards, ses loutres et ses kyrielles d’oiseaux, vestige d’un rapport paysan à l’eau, à la terre, au monde animal. Mais il ne faut pas se fier à ces apparences de carte postale. Les frênes têtards sont malades et menacés de disparition rapide. Les lentilles vertes sont laminées par les pesticides. Le marais s’enfriche. A défaut d’éleveurs et d’installations paysannes, le maraîchage, les vaches maraichines et la culture des mogettes ont presque disparu.

Les effets conjugués du ravage agro-industriel et du changement climatique ont bouleversé un équilibre millénaire entre l’eau, la terre, la mer et les habitants du territoire. Les rivières alentours s’assèchent à cause de la voracité d’une agriculture extractiviste qui fait main basse sur notre plus précieux bien commun : l’eau.

La guerre de l’eau est déclarée !

Depuis des années, des collectifs d’habitants, de paysans et de citoyens en lutte s’organisent pour faire entendre leur point de vue et leur expertise sur la question du partage de l’eau et de la sauvegarde de la biodiversité. Illes enquêtent, expliquent, dénoncent, mobilisent, se pourvoient en justice… en vain ! Le démarrage en septembre d’un premier chantier de bassine à Mauzé-sur-le-Mignon a été la goutte d’eau qui a tout fait déborder. Alors que les pelleteuses commencent à commettre l’irréversible au mépris des oppositions farouches au projet, il ne restait plus que la résistance comme seule issue.

A l’appel de ’Bassines Non Merci !’, de la Confédération paysanne et des Soulèvements de la Terre, un premier acte fort avait été posé le 22 septembre dernier, en plein congrès de la FNSEA. Après un banquet à Niort pour accueillir les tracteurs des paysans en lutte venus des bocages de Loire Atlantique et de Gâtine, un convoi de véhicules avait déjoué le dispositif pour parvenir jusqu’au chantier. Le site avait été envahi par 600 personnes, 20 tracteurs et un…

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Auteur: lundimatin