France Culture, jour de panthéonisation. Guillaume Erner reçoit l’historien au Collège de France Patrick Boucheron, qui signe la postface de Marc Bloch, l’histoire en résistance (Seuil, 2026). Les premières questions du présentateur des « Matins » sont convenues et attendues, en ce jour de célébration républicaine. Boucheron déroule sur la « révolution » apportée par Bloch dans la méthode historique, son ouverture aux autres sciences sociales et sur l’héritage épistémologique de ce dernier. Après le journal de 8h, Boucheron est rejoint en studio par l’historienne Alya Aglan, qui signe La double mort de Marc Bloch (Champs, 2026). L’entretien se poursuit sur de bons rails et la spécialiste de l’histoire de la Résistance se montre particulièrement éloquente. Jusqu’ici, tout va bien.
Guillaume Erner, ou l’art de saboter une interview
C’est après 30 minutes que l’entretien dérape : comme souvent, Guillaume Erner ne peut s’empêcher de ramener la discussion à ses obsessions personnelles. Le présentateur tente ainsi très maladroitement de s’appuyer sur une célèbre citation extraite de L‘étrange défaite – ouvrage dans lequel Bloch évoque son rapport au judaïsme – pour essayer de faire réagir ses invités à sa petite analyse sur l’antisionisme contemporain. Le rapport ? Il n’y en a aucun. Ce qui va avoir le don d’agacer les deux historiens.
Guillaume Erner : [Marc Bloch] conclut : « Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d’un antisémite. » Or, Patrick Boucheron en ce moment, il y a une résurgence – en tout cas, c’est mon analyse – de l’antisémitisme, et d’un antisémitisme qui parfois utilise d’autres visages, avec un certain nombre de termes. Comme l’antisémitisme est devenu un crime, l’antisémitisme politique n’est plus envisageable, alors on utilise d’autres termes, on traite des gens, par exemple, qui…
Auteur: Jérémie Younes

